Equiblues, Vers la sortie ?
Voir Article Dauphine Libéré
C’est bien connu, les morts sont des gens sympas.
Voilà nos élus qui se préparent à pleurer sur Equiblues.
Souvenons-nous des débuts ou c’était la croix et la bannière pour avoir une petite caution au cas où les choses ne se passeraient pas bien. Il fallait attendre le mois de mai pour avoir une timide réponse. Vous en connaissez des festivals qui programment avec succès un trimestre avant la date ?
Le concept étant original, (ce n’est pas un festival de plus) et le réglage s’étant fait avec le temps et le boulot vint le succès et avec lui la cohorte des laudateurs et soutiens divers.
Le budget de la manifestation est de 335 000 € dont 13 900 € de subventions (soit 4% du budget) (interview du DL). C’est dire que le président met toutes les années sa tête sur le billot. Il n’est pas certain que la trésorerie laborieusement accumulée (s’il y en a ?) permette de passer une bonne galère toujours possible autant qu’imprévisible dans le spectacle.
Par ailleurs nos élus s’agitent et l’office de tourisme n’a jamais été aussi peuplé d’hôtesses.
Les études et rapports se succèdent et s’empilent à la vitesse de la lumière, et avec cent mille € tu n’as plus rien. Le budget de l’ORC est de 187 000 € pour 2008 et 240 000 € pour 2009, et pas moyen d’en trouver trace quand on traverse St Agrève toujours plus sinistre (sinistré ?) si on ne passe pas des heures dans les dossiers.
D’autant que les aides sont copiées sur la prime à la casse : si vous avez les moyens d’acheter une voiture neuve, on vous aide. Si vous êtes dans la merde, restez-y.
Pourtant tout le monde n’est pas dans la misère.
L’epsilonien Raid hivernal du 45° parallèle cité presque à toutes les pages du premier bulletin 2008 de la communauté de commune avait pour sa première édition un budget de 35 000 € pour promener une poignée de Gus-Gus en short équitable, lampe frontale non polluante et casse croute bio, autour du lac de Devesset en jouant aux fléchettes.
A prés de 1000 € le week-end, je veux bien être écolo !
A part l’écologie, les vieux sont un bon plan.
Les boboïssimes "Lectures sous l’Arbre" qui regroupent sur le plateau les pédagos lecteurs de Télérama, à la retraite de préférence, touchent le jackpot pour lire quelques poèmes à l’ombre de la salle des Arts et des Cultures. On ne savait pas que la lecture était une activité si dispendieuse.
Le classique n’est pas mal non plus, cela permet de se retrouver entre gens de bonne compagnie, et d’avoir l’argent qu’il faut pour couvrir 50% de son budget tout en réunissant pour le lancement de la saison les grands carnets de chèques du département qui viennent y faire leur petit discours : voyez comme nous sommes beaux, voyez comme nous sommes généreux.
Arrêtons-nous là !!!
Tout ça pour dire que l’argent n’est pas nécessairement rare avec un créneau ad hoc, et les amis adéquats. Mais le crottin et le rock n’roll, ça tache et c’est compliqué. Dans la cata de la saison estivale de ces dernières années, c’est la seule manifestation qui permet à St Agrève d’exister.
On trouve d’un côté des commerçants bien contents de sauver leur saison estivale et de l’autre un organisateur fatigué de se faire peur pour le seul plaisir du job. Mais dans la gêne il n’y a pas de plaisir… et sans plaisir ?
Et ce pauvre organisateur aurait bien aimé donner une assise plus solide au concept, en ayant une activité étalée sur l’année dans une vraie maison.
Mais voilà, le terrain d’Equiblues est inconstructible sauf un bout récemment loti pour assurer une fin de mois à la commune. Pendant ce temps, un ovni appelé salle des Arts faisait a grande vitesse le tour du patelin pour atterrir en catastrophe en zone industrielle. Aujourd'hui, la future maison de santé a repris le flambeau de l'itinérance et des études.
Avec tout l’argent siphonné pour des études diverses allant de l’urbanisme à la dite salle des Arts, peut-être aurait-on pu étudier son implantation sur ce qui est devenu le lotissement des Pinatous. C’eut été une base arrière efficace pour les activités de loisirs et de musique d’un centre socioculturel bien mal foutu tout en permettant à Equiblues l’accès tant rêvé à une structure en dur.
Pas de retour en arrière pour ce qui est de l’urbanisme, pas de larmes sur les occasions manquées, il faut les garder pour plus tard. Mais en ces temps de crise, il n’est jamais bon d’enfourcher un cheval boiteux sans assistance.
Le plan de relance de Sarko et de Terrasse ce sera probablement des ronds-points et des radars en plus et quelques billets balancés au menu fretin assorti de 5% d’augmentation des impôts pour le département (ça commence)
Une grande partie des festivals estivaux a disparue ces dernières années.Les salles telle le Château Lacour sont quasiment toutes rayées de la carte. Seuls restent les super subventionnés qui finiront par étouffer le peu qui reste.C’est bientôt la Chine des Gardes Rouges : le salut vient du parti.
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